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    December 30

    La hotte du Père-Noël...

    ... était cette année encore bien remplie (mais il faut dire que j'avais, bien entendu, été très sage). Le coffret DVD Almodovar, par ce que j'aimes les femmes, le coffret Lars Van Trier, parce que parfois, je suis cruel avec elles. Le texte Quartet d'Heiner Müller, parce qu'il faudra que je vous en parle. Du vin, Des Bienveillantes et une nouvelle plume...
    Pour mes parents, une soirée dans un cabaret parisiens, pour le plaisir des yeux. Pour ma soeur, une machine a expresso, pour le plaisir des papilles. Pour ma grand-mère diabétique, une grosse boite d'excellents chocolats, car les plaisirs interdits sont les plus plaisants.
     
    Joyeux Noël à tous.
    December 24

    Happy Birthday Jesus

    Que tu ais été celui de mes vieux livres de catéchisme ou ce frondeur des quatres évangiles découvert trop tard, que tu ais été celui de Gibson, surhumain portant avec passion et courage nos haines et misères, que tu ais été celui de Pasolini, ce révolutionnaire au visage d'ange, fascinant et troublant, que tu ais été comme celui de Scorcese, humain trop humain, si humain, que tu ais été celui de cette icone, visage souriant, que je regardais en m'ennuyant pendant les interminables messes en Pologne, que tu ais été ce corps malade, verdatre et pourrissant du retable de Grünewald, ou cet autre éclatant de lumière. Que sois celui de Warhol ou de Dürer, un joyeux anniversaire à toi, ce vieux frère avec qui je me suis tant fâché et avec qui, sûrement, je me fâcherai encore.
    December 04

    The Papy'List (Brassens, Les Femmes, Mozart, Wagner, Matzneff, Fellini, Ingres, la Vie)

       
    Brassens les chantait si bien, ses "copains d'abord", sûrement la plus belle chanson sur l'amitié qui n'a jamais été écrite, et qui ne sera jamais écrite, pourtant, là, sur la plage de Sète, au pied de son pin où il aurait du reposé, on se demande si les pensée de ce vieux moustachu qu'on aime tant n'irait pas plutôt à la brave Margot qu'à l'Auvergnat, s'il ne pense pas plus à la belle Hélène qu'à corne d'Auroch.
     
    Les amis nous font supporter la vie, les amies nous réconcilient avec elle. Les hommes nous rendent la vie moins maussades, les femmes la subliment. Bref, les copains, c'est du Wagner, ces leitmotiv rassurants, profond, qui nous entourent, nous couvrent, nous protègent nous rassurent. C'est cette musique lourde et exigeante, qui vient de la terre, des tripes, du sol. Les femmes, c'est du Mozart, c'est un tourbillon de légèreté, qui va, vole, se joue la mort, de la vie, qui en une portée vous emporte du rire aux pleurs, puis au rire à nouveau. C'est cette musique divine, venue de nulle part et allant partout. Ces petites notes claires, magiques, évidentes.
     
    A l'image de cette inoubliable scène du bordel dans de huit et demi de Fellini, dans la vie d'un homme, il n'y aura, au fond, que les femmes qui a uront réellement comptées. Ce n'est donc pas dans un "bistrot des copains" d'un Renaud, sombre troquet, où l'on y vide ses bières en ressassant les mêmes vieilles histoires qu'iront les dernières pensées d'un homme, mais dans ce tourbillon de voluptés, bordel exubérant, torrent d'émotion qui vous emmène, vous transporte, dons l'inconfort et la folie la plus totale, mystère de l'autre, abysse de l'altérité, et sera, à jamais, la plus belle scène de cinéma jamais mise sur pellicule, la plus évidente de vérité.
     
    L'homme est, comme à mainte reprise Matzneff l'écrit dans son journal, definitivement tourné vers le passé. Les eaux du Léthée, un homme ne les connais jamais. A jamais elle seront présente dans son coeur de Matzneff, ces Tatiana, Francesca, Vanessa, Marie Elisabeth, Marie Agnes, ... , celles qui lui auront inspirés les plus belles pages de ces journeaux, celles qui auront compté assez pour inspirer un roman, celle qui, par le biais de la Littérature, survivront à sa mort et à l'oubli. Si l'on a un coeur de pierre, c'est pour mieux y graver des mots inaltérables. 

    La femme, elle, cette Mozartienne, n'en a que faire du passé tant elle est dans le présent. Comme Pamina, elle passe en quelques notes du désespoir absolue à la joie la plus forte, tourne les pages de sa vie à une vitesse folle, les arrache à mesure qu'elle les écrit, coup d'éponge ! table rase ! une nouvelle virginité à chaque page ! carnets intimes brûlés ! Alors qu'un homme gardera de celle qu'il a aimé, chaque souvenir, photo, lettres, jusqu'au moindre morceau de papier griffoné de la mains de ces belles éernelles. Il les conservera ainsi toute sa vie, dans un coin de son coeur et de sa vie, comme le Nil de Voici Venir le Fiancé conserve dans des boites de chaussure le souvenir de ses innombrables conquètes. Enlever du mur une photo d'une amante, c'est la perdre une seconde fois. Après avoir détesté à mort une femme, un homme l'aime encore, après avoir détesté un homme, une femme l'oublie,, c'est ainsi...
     
    Et pourtant, ces baigneuses du Léthée, ces incorrigibles légères, ces étranges objets du désir, nous aurons tant changé, où plutôt que changé, nous aurons rendu à nous-même, nous aurons rendu meilleur, nous aurons fait devenir ce que nous sommes, et à la fin de nos vie, ce ne seront pas aux copains, fidèle pourtant jusqu'au lit de mort, qu'iront nos pensées, mais à ces boites de chaussures, petite briques qui auront construit nos vies, à ces photos éparpillés, à ces numéros de téléphones notés sur un bout de nappe, à ces sourires fugaces, ces paires de jambes qui s'échappent, à ces doux parfums ennivrants, ses irrésistibles courbes qui auront croisées les lignes trop droites de nos vies. Toutes celle que l'on voudra revoir une toute dernière fois, ces mères, grands mères, nounous, amies, fantasmes, passantes, amantes d'une vie ou d'une nuit, initiatrices de nos premiers émois, sourires d'un coin de rue, amour de toute une vie, que l'on a jamais approché, futile d'un soir que l'on découvre aimable à volonté, scorpionne tragique, malicieuse béliers, étonnantes capricorne, inoubliable cancer, fascinante lionne, à toutes celle qui auront compter Claudette G, Marcelle M., Emylie M, Laurence A. Marilyne J, Adeline B, Anne-marie C, Julie P., Nathalie G.,  Magdalena L; E.; C.; Sophie R.; Amandine D.; L & A; G.D. ; Ariane; Nadège D.; M. ; G. ; cette australienne de Seattle; S. de Portland; Sophie; Nadine R. ; S.W.;Helene C. ; Caroline P. ;  K. ; A.
    A vous toute, mon tourbillon Fellinien, mon bain Turc.