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Orgueil et DiététiqueLe Bloc-note du Papy May 19 Sur Zodiac de FincherFincher, gosse élévé à l'école du clip, à qui l'on a souvent reproché d'être trop stylé, signe, avec Zodiac, son History of Violence à lui. Tout comme Carpenter, Zodiac marquera assurément un virage profond dans la carrière de Fincher. En effet, après une courte filmographie, à l'attaque sublime mais à la longueur de bouche décevante (Alien 3, sauvetage miraculeux mais qui vieillit mal; Seven, formidable premier vrai millésime; the Game, second cru sympathique mais pas à la hauteur de nos espérances; Panic Room, qui vire au vinaigre; et Fight Club, chef d'oeuvre encore trop jeune que les années sublimeront ). Bref, une filmographie honorable mais, en dessous de ce qu'elle promettait, au point qu'avant la sortie de Fight Club, on aurait pensé que Fincher était, au fond, qu'un garçon trop doué.
Zodiac rompt avec ce côté trop adolescent de ces films précédents. Ici, tout est en nuance, en subtilités, du velours ! Certe, la mise en scène impressionne moins souvent, plus classique, mais elle frappe fort aux instants où elle est nécessaire, avec trois scènes inoubliables (la scène d'introduction; la dispute entre le dessinateur et sa femme - symboliquement et intellectuellement géniale; enfin, la scène finale de la rencontre) , servant le récit plus que l'esthétique.
L'autre choix, qui fait de Zodiac un grand film est sa façon d'appréhender le thriller. Comme History of Violence était une rupture complète avec les films de mafia (du Parrain à Casino en passant par Scarface), Zodiac est une rupture avec toute une lignée de film marqué de façon définitive par le Silence des Agneaux. Dans Zodiac, ce n'est plus le tueur en série, mythe américain et cinématographique, qui est le centre du film, mais les enquêteurs qui gravitent autour, leur vie, l'histoire de l'amérique qui défile. Le coup de génie de Fincher, c'est, au sein d'un thriller, de ne pas scruter le mal et notre fascination pour lui, mais de nous mettre en abîme et de scruter l'âme humaine, la nôtre, faite de médiocrité, de faiblesse, mais aussi de sublime, absolu et de croyances.
December 30 La hotte du Père-Noël...... était cette année encore bien remplie (mais il faut dire que j'avais, bien entendu, été très sage). Le coffret DVD Almodovar, par ce que j'aimes les femmes, le coffret Lars Van Trier, parce que parfois, je suis cruel avec elles. Le texte Quartet d'Heiner Müller, parce qu'il faudra que je vous en parle. Du vin, Des Bienveillantes et une nouvelle plume...
Pour mes parents, une soirée dans un cabaret parisiens, pour le plaisir des yeux. Pour ma soeur, une machine a expresso, pour le plaisir des papilles. Pour ma grand-mère diabétique, une grosse boite d'excellents chocolats, car les plaisirs interdits sont les plus plaisants.
Joyeux Noël à tous. December 24 Happy Birthday JesusQue tu ais été celui de mes vieux livres de catéchisme ou ce frondeur des quatres évangiles découvert trop tard, que tu ais été celui de Gibson, surhumain portant avec passion et courage nos haines et misères, que tu ais été celui de Pasolini, ce révolutionnaire au visage d'ange, fascinant et troublant, que tu ais été comme celui de Scorcese, humain trop humain, si humain, que tu ais été celui de cette icone, visage souriant, que je regardais en m'ennuyant pendant les interminables messes en Pologne, que tu ais été ce corps malade, verdatre et pourrissant du retable de Grünewald, ou cet autre éclatant de lumière. Que sois celui de Warhol ou de Dürer, un joyeux anniversaire à toi, ce vieux frère avec qui je me suis tant fâché et avec qui, sûrement, je me fâcherai encore. December 04 The Papy'List (Brassens, Les Femmes, Mozart, Wagner, Matzneff, Fellini, Ingres, la Vie)
Brassens les chantait si bien, ses "copains d'abord", sûrement la plus belle chanson sur l'amitié qui n'a jamais été écrite, et qui ne sera jamais écrite, pourtant, là, sur la plage de Sète, au pied de son pin où il aurait du reposé, on se demande si les pensée de ce vieux moustachu qu'on aime tant n'irait pas plutôt à la brave Margot qu'à l'Auvergnat, s'il ne pense pas plus à la belle Hélène qu'à corne d'Auroch.
Les amis nous font supporter la vie, les amies nous réconcilient avec elle. Les hommes nous rendent la vie moins maussades, les femmes la subliment. Bref, les copains, c'est du Wagner, ces leitmotiv rassurants, profond, qui nous entourent, nous couvrent, nous protègent nous rassurent. C'est cette musique lourde et exigeante, qui vient de la terre, des tripes, du sol. Les femmes, c'est du Mozart, c'est un tourbillon de légèreté, qui va, vole, se joue la mort, de la vie, qui en une portée vous emporte du rire aux pleurs, puis au rire à nouveau. C'est cette musique divine, venue de nulle part et allant partout. Ces petites notes claires, magiques, évidentes.
A l'image de cette inoubliable scène du bordel dans de huit et demi de Fellini, dans la vie d'un homme, il n'y aura, au fond, que les femmes qui a uront réellement comptées. Ce n'est donc pas dans un "bistrot des copains" d'un Renaud, sombre troquet, où l'on y vide ses bières en ressassant les mêmes vieilles histoires qu'iront les dernières pensées d'un homme, mais dans ce tourbillon de voluptés, bordel exubérant, torrent d'émotion qui vous emmène, vous transporte, dons l'inconfort et la folie la plus totale, mystère de l'autre, abysse de l'altérité, et sera, à jamais, la plus belle scène de cinéma jamais mise sur pellicule, la plus évidente de vérité.
L'homme est, comme à mainte reprise Matzneff l'écrit dans son journal, definitivement tourné vers le passé. Les eaux du Léthée, un homme ne les connais jamais. A jamais elle seront présente dans son coeur de Matzneff, ces Tatiana, Francesca, Vanessa, Marie Elisabeth, Marie Agnes, ... , celles qui lui auront inspirés les plus belles pages de ces journeaux, celles qui auront compté assez pour inspirer un roman, celle qui, par le biais de la Littérature, survivront à sa mort et à l'oubli. Si l'on a un coeur de pierre, c'est pour mieux y graver des mots inaltérables.
La femme, elle, cette Mozartienne, n'en a que faire du passé tant elle est dans le présent. Comme Pamina, elle passe en quelques notes du désespoir absolue à la joie la plus forte, tourne les pages de sa vie à une vitesse folle, les arrache à mesure qu'elle les écrit, coup d'éponge ! table rase ! une nouvelle virginité à chaque page ! carnets intimes brûlés ! Alors qu'un homme gardera de celle qu'il a aimé, chaque souvenir, photo, lettres, jusqu'au moindre morceau de papier griffoné de la mains de ces belles éernelles. Il les conservera ainsi toute sa vie, dans un coin de son coeur et de sa vie, comme le Nil de Voici Venir le Fiancé conserve dans des boites de chaussure le souvenir de ses innombrables conquètes. Enlever du mur une photo d'une amante, c'est la perdre une seconde fois. Après avoir détesté à mort une femme, un homme l'aime encore, après avoir détesté un homme, une femme l'oublie,, c'est ainsi... Et pourtant, ces baigneuses du Léthée, ces incorrigibles légères, ces étranges objets du désir, nous aurons tant changé, où plutôt que changé, nous aurons rendu à nous-même, nous aurons rendu meilleur, nous aurons fait devenir ce que nous sommes, et à la fin de nos vie, ce ne seront pas aux copains, fidèle pourtant jusqu'au lit de mort, qu'iront nos pensées, mais à ces boites de chaussures, petite briques qui auront construit nos vies, à ces photos éparpillés, à ces numéros de téléphones notés sur un bout de nappe, à ces sourires fugaces, ces paires de jambes qui s'échappent, à ces doux parfums ennivrants, ses irrésistibles courbes qui auront croisées les lignes trop droites de nos vies. Toutes celle que l'on voudra revoir une toute dernière fois, ces mères, grands mères, nounous, amies, fantasmes, passantes, amantes d'une vie ou d'une nuit, initiatrices de nos premiers émois, sourires d'un coin de rue, amour de toute une vie, que l'on a jamais approché, futile d'un soir que l'on découvre aimable à volonté, scorpionne tragique, malicieuse béliers, étonnantes capricorne, inoubliable cancer, fascinante lionne, à toutes celle qui auront compter Claudette G, Marcelle M., Emylie M, Laurence A. Marilyne J, Adeline B, Anne-marie C, Julie P., Nathalie G., Magdalena L; E.; C.; Sophie R.; Amandine D.; L & A; G.D. ; Ariane; Nadège D.; M. ; G. ; cette australienne de Seattle; S. de Portland; Sophie; Nadine R. ; S.W.;Helene C. ; Caroline P. ; K. ; A.
A vous toute, mon tourbillon Fellinien, mon bain Turc. October 08 Come on, Boy ! Have a Cigar !Ah, il fallait bien un decret pour ça, il y avait urgence, pour une fois, il fallait pas perdre de temps. C'est vrai ça, on était tous à deux doigts de tous crever, là, comme ça, tac ! un claquement de doigts. Bravo au gouvernement ! Il sait agir celui-là ! Savoir frapper là où sont toutes les tares de notre pays ! Enfin, l'on va respirer ! Voilà, le sens des priorités, ne pas se laisser détourner par les faux problèmes, le financement de la sécu, il va bien finir par se régler, on verra ça au prochain gouvernement. Les dépenses public, la réforme de l'état, voilà aussi des sujets qui auraient pu détourner notre gouvernement, occulter les vrais problèmes, c'est à dire ces salauds de fumeurs qui se bousillent les poumons, les ordures ! Mais nous qui sommes pures et dans le camp des justes, on va leur mener la vie dure à ces crétins qui se font crever tous les jours, ahah. On va bien leur faire comprendre que c'est mal ! Et vite ! Dès demain, on aurait du la faire cette interdiction !
Et la Ségolène, notre divine Madonne, qui va nous lancer le syndicalisme obligatoire, enfin une sage décision, mais il faudrait allez plus loin, des jours de grèves et de manifs obligatoire pour tout le monde !
Moi, je rêve de ce monde rempli de gens exemplaires, qui ne fume pas, ne boive qu'avec modération (un verre par jour pas plus), mettez bien leur ceinture, surtout pour les petits trajets, roule 10 km à l'heure en dessous des limites de vitesse (on est jamais assez trop prudent). D'un monde où "la fureur de vivre", ce film pornographique qui incite à l'excès de vitesse (comme s'il était grisant de rouler vite, qu'elle idée !), soit enfin interdit, d'ailleurs, son acteur principal, mort d'un accident de voiture après une vie de débauche, est l'exemple même de ce qu'il ne faut pas faire. Et le portable, cette machine à donner des cancer du cerveau, qu'on l'interdise enfin ! Je rêve aussi d'un monde plus civique,où les gens irait voter, et que l'on interdise de ne pas voter utile, c'est vrai, qui sont donc ces gens qui votent pour qui leur chante, sans se soucier des vrais enjeux ! Et puis l'on devrait jeter en prison les gens qui cuisinent au beurre, quel mépris de leur santé ! Leur cholestérol, est-ce qu'ils y pensent ! Enfin, leur tour viendra ! un jour, on aura un vrai monde où le Bien aura triomphé, un jour, on s'ennuira tous comme des rats morts dans un monde trop propre !
Salauds de fumeurs ! October 05 Je me rappelerai à jamais le jour où j'ai, pour la première fois, entendu cette voix magique, pleine de tristesse et de douleurs, pleine de rage et d'énergie. Cette voix, unique, qui à chaque instant, nou semble être au bord de la rupture, qui vous transporte, vous fait tout oublier. Un jour, quelqu'un avait dit de Joplin, chaque fois qu'elle chante, on a l'impression qu'elle chante pour la dernière fois de sa vie. La terre s'était arrêter pour moi ce matin là, c'était Ball of Chain. Sa voix à elle s'est arrêté un 4 octobre.
July 30 Roger Waters, le génie et l'âme de nos vies
Pink Floyd, c'est comme un opéra de Mozart, un leitmotiv de Wagner, une ligne de Proust, une coupe de champagne millésimé, une poème de Baudelaire, une chanson de Brassens, un langoureux tango, un darjeeling de printemps. Lorsque l'on y a gouté, rien qu'une seule fois, l'on sait que l'on ne voudra mourir sans avoir, au préalable entendu une fois encore la flute enchantée, la mort d'Isolde, sans avoir relu le passage de la petite Madeleine ou l'Albatros, sans avoir reposé à nouveau ces lèvres sur ces si doux breuvages ou siffloter encore et toujours les copains d'abord. Et ne pas mourir sans réécouter The Wall... |
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